Intervention de Natacha Muracciole – Plan tourisme

À la lecture de ce Plan Tourisme, on en vient à se demander : finalement, quel est le rôle de la Région ? 

On fait ici beaucoup état de compétitivité, de satisfaction client, de promotion. Ce jargon très commercial semble indiquer qu’à cette question, vous répondez que la Région est une agence de voyage, destinée à vendre la marque Auvergne-Rhône-Alpes.

Pour les Écologistes, la région doit porter des politiques structurelles, structurantes, au service de nos territoires et des professionnels du tourisme. L’objectif affiché de transition vers un tourisme durable impose d’accompagner ces acteurs sur des réflexions qu’ils n’ont pas nécessairement le luxe de mener seuls : réfléchir les formations aux métiers du tourisme de demain, l’adaptation des pratiques professionnelles, l’accompagnement aux changements de comportements, le développement des modes de transport non polluants, etc. 

La transversalité est une des clés indispensables à la transition. Pourtant, un seul axe du Plan Tourisme fait état de cette transversalité, là où elle devrait irriguer l’ensemble du rapport. Voir l’écosystème touristique par le prisme de l’environnement, du transport, de la santé, de l’aménagement du territoire, de l’agriculture et de tant d’autres, c’est favoriser une nouvelle prise en compte du tourisme dans la globalité de ses impacts sur nos territoires. Le postulat de base doit évoluer : le tourisme est un outil et pas une fin en soi, il doit être au service de nos territoires et de leurs habitant•es, pas l’inverse. 

Prenons un exemple tout à fait parlant : la ville d’Annecy et son lac. L’attractivité de cet espace touristique est indéniable, avec une fréquentation record sur les périodes estivales. D’un point de vue économique, tous les voyants sont au vert avec des retombées financières importantes pour la ville. Du point de vue des habitants, pourtant, nous assistons à un mal-être grandissant, lié à un sentiment d’oppression et de “ras-le-bol”. 

Nous reposons donc ici la question de départ : dans ce contexte, quel est le rôle de la région ? 

Son rôle est-il de conforter des “sites emblématiques”, comme peut l’être le lac d’Annecy, sur simple demande de ces sites ? Ou au contraire, la région doit-elle proposer de nouveaux modèles et prendre ainsi sa place de décideur public, agissant sur le long terme et pour l’intérêt commun ? 

Nous, Écologistes, pensons que cette deuxième option est la seule capable d’impulser de réelles politiques de transition. Celles-ci peuvent être protectrices de nos espaces et de nos populations, en encourageant le démarketing de certains lieux ou en stoppant le soutien aux grands événements sur des lieux déjà surfréquentés. Ces politiques peuvent aussi inciter, par exemple en aidant le développement d’un tourisme du patrimoine naturel, différent du tourisme de pleine nature, ou encore en bonifiant les aides aux projets touristiques prenant en compte l’accès au tourisme pour toutes et tous. 

En définitive, ce plan tourisme témoigne d’une certaine prise en compte des enjeux et d’une volonté d’agir. Toutefois, il est surtout la preuve flagrante d’un manque de vision globale : la région n’a pas changé de logiciel et continue donc, par des mesures isolées, à apposer des pansements sur une digue qui éclate. 

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