Intervention de Pascale BONNIEL CHALIER : Fonds d’acquisition d’oeuvres d’art

Intervention générale de Pascale BONNIEL CHALIER

Chers collègues,

Les plasticiens et les plasticiennes sont probablement les artistes les moins bien protégé.es et les moins bien rémunéré.es en France. Un nombre important d’artistes ne disposent que du RSA pour continuer à concevoir, produire et diffuser leurs œuvres. Le rapport édité par le ministère de la Culture en 2020 « Artistes plasticiens : de l’école au marché » montre à quel point des politiques publiques volontaristes sont indispensables si nous souhaitons promouvoir la vitalité et la diversité de la création contemporaine.

Aussi, c’est avec détermination que nous voterons cette délibération concernant l’acquisition des œuvres en Région Auvergne-Rhône-Alpes afin que les artistes puissent être soutenu.es de leur vivant et que leurs œuvres soient exposées dans différents contextes.

Néanmoins, quelques remarques et une interrogation :

  • Les demandes des syndicats et des organisations professionnelles soulignent la nécessité de sécuriser les revenus des artistes plasticiens à l’instar des intermittent.es du spectacle vivant et enregistré. Je fais ici référence à la proposition faite par le collectif Buse.
  • Si cette décision n’appartient pas aux conseils régionaux qui ne sont pas législateurs, notre responsabilité consiste néanmoins à doter correctement les centres d’art contemporain pour pouvoir rémunérer de manière décente les honoraires des artistes exposés dans leur lieu afin qu’ils et elles ne comptent pas seulement sur les achats d’œuvre. Rappelons aussi que ces centres d’art jouent un rôle majeur en matière d’éducation artistique et culturelle.

Enfin, en assemblée plénière et en commission permanente, nous votons des délibérations sur la culture à l’aveugle. Des lignes augmentent, alors que le budget est annoncé à l’équilibre par rapport à 2021. Par conséquent, quelles sont les structures culturelles affectées par les baisses ? Nous n’en savons rien ! Aucune transparence dans la structure du budget, c’est-à-dire en matière d’orientations de la politique culturelle. Pire, sont annoncées des baisses de soutien pour les établissements d’enseignement artistique. Alors, d’un côté un budget pour acquérir des œuvres, mais de l’autre des écoles d’art qui forment les jeunes artistes risquent d’être mises en difficulté alors qu’elles devraient disposer de plus de moyens notamment pour aider à l’insertion des artistes. Nous ne cachons pas notre inquiétude.

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