Le conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes était réuni en assemblée plénière pour un jour seulement, le 25 juin 2026 afin d’étudier une série de rapports régionaux. Parmi les quelques sujets inscrits à l’ordre de jour figuraient les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030, les parcs naturels régionaux, l’aménagement du territoire ainsi que des dossiers relatifs aux finances et à l’administration générale.
C’est un temps fort de l’année puisqu’est présenté le compte administratif, c’est-à-dire l’exécution des dépenses et recettes réelles de l’année 2025 qui permet de savoir ce qui a été réellement financé et réalisé.
Mais nous avons eu droit à des délibérations “vitrine” sur des sujets creux : une délibération visant à défendre l’appellation officielle de notre région « Auvergne-Rhône-Alpes » et non « AuRA » et une délibération destinée à imposer que la région puisse choisir le nom des salles, dans les bâtiments qu’elle possède, comme les lycées ! Cet AP a encore une fois illustré les priorités de l’exécutif régional déconnectées des préoccupations quotidiennes des habitant·es.
L’assemblée plénière, c’est quoi ?
C’est le temps fort de la vie démocratique du conseil régional : les 204 membres du conseil régional, qui représentent les citoyennes et citoyens d’Auvergne-Rhône-Alpes, se réunissent environ tous les deux mois dans l’hémicycle à Lyon pour la session plénière.
Comme à l’Assemblée nationale, les 204 membres du conseil régional ont le pouvoir de délibérer, c’est-à-dire de voter les délibérations (les décisions) que la Région mettra en œuvre. Celles-ci sont proposées par l’exécutif : ici Fabrice Pannekoucke et ses vice-président·es.

L’assemblée du conseil régional est composée de 204 membres : 135 de la majorité (118 LR et 17 UDI), 64 des oppositions (28 écologistes, 11 PS, 6 CIC (Communistes, Insoumis et Citoyens), 5 PRG ; 15 RN) et 4 non-inscrits. L’ensemble des votes se font à la majorité simple, Fabrice Pannekoucke a donc les coudées franches pour appliquer son programme.
Pendant un jour, les groupes politiques de la majorité et de l’opposition défendent, amendent et critiquent les délibérations, expliquent pourquoi elles doivent être soutenues ou rejetées. Chaque délibération est ensuite votée, et les services du conseil régional peuvent ensuite les appliquer.
La session plénière est retransmise en vidéo sur le site de la région.
JOP 2030 : toujours peu de réponses et un flou sur l’engagement budgétaire régional persistant
L’assemblée a examiné une nouvelle délibération relative aux Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030. Un rapport d’une grande vacuité : aucun chiffrage précis, aucun engagement financier clair, uniquement de nouveaux chèques en blanc.
Depuis des mois, l’exécutif nous présente les Jeux comme sobres, maîtrisés et rentables. Nous refusons cette caricature qui consiste à opposer les JOP à l’avenir des territoires de montagne. Ce n’est pas l’écologie qui organise l’effacement progressif de certains territoires alpins, mais bien le dérèglement climatique, qui réduit l’enneigement et remet en cause un modèle économique fondé sur l’abondance de la neige.
Nous dénonçons également le transfert progressif du risque financier vers les collectivités locales. Derrière la nouvelle « matrice des responsabilités », ce sont bien les communes, intercommunalités et départements qui seront sollicités pour financer transports, voiries, déneigement, gestion des déchets ou encore hébergements. On privatise les bénéfices de communication, on mutualise les risques et on socialise la facture.
Alors que la Cour des comptes et l’Inspection générale des finances alertent depuis le début sur les risques financiers du projet, l’exécutif refuse toujours de répondre à une question pourtant essentielle : qui paiera en cas de déficit ?
Pour notre groupe, ce milliard d’euros aurait dû être mobilisé pour un véritable plan régional de transition et de diversification des stations les plus fragiles face au changement climatique.
Nous avons réaffirmé notre opposition à un projet imposé sans véritable débat démocratique et qui ne prépare pas l’avenir des territoires de montagne. Nous avons voté contre cette délibération.
Retrouver l’intervention de Pierre Janot : https://ecologieaura.fr/ap202606-jop2030/
Parcs naturels régionaux : moins de moyens, plus de contrôle
La Région a beau affirmer aimer les parcs naturels régionaux (PNR), les paroles ne suffisent plus. Depuis 2018, aucun nouveau PNR n’a été créé, malgré 3 projets plus qu’avancés. Dans le même temps, l’exécutif régional souhaite renforcer son contrôle sur leur gouvernance en augmentant le poids du bloc Région-Départements et en réduisant l’autonomie des élu·es locaux.
Sous couvert d’harmonisation, l’exécutif uniformise. Nous demandons au contraire le respect de la démocratie locale, accompagnée d’une ingénierie au plus proche des besoins et pour les transitions.
Nous dénonçons également la baisse continue des moyens accordés aux PNR, alors qu’ils jouent un rôle essentiel dans la transition écologique, l’adaptation au changement climatique et la préservation de la biodiversité. Les parcs ont besoin de moyens pérennes et d’un cadre d’intervention clair.
Nous avons défendu cinq amendements pour maintenir le budget des PNR, réaffirmer leur rôle en faveur du climat et de la biodiversité, conforter les choix des territoires dans les contrats de parc, renforcer le poids des communes dans leur gouvernance et permettre la désignation de suppléant·es aux délégué·es régionaux.
Enfin, nous saluons le travail participatif et rigoureux mené par les PNR du Pilat et du Livradois-Forez, dont les nouvelles chartes ont été adoptées.
Les parcs naturels régionaux doivent continuer à être des outils d’expérimentation, d’innovation et de cohérence des politiques publiques dans nos campagnes.
Retrouvez ici l’intervention de Renaud Daumas : https://ecologieaura.fr/ap202606-pnr/
Aménagement du territoire : les panneaux bleus ne font pas une stratégie
Derrière les nouveaux intitulés, les annonces de simplification et les promesses de proximité, une question demeure : quelle est aujourd’hui la vision de l’exécutif pour l’aménagement du territoire en Auvergne-Rhône-Alpes ?
Depuis dix ans, nous cherchons toujours le cap. En effet, sur les grandes questions qui devraient guider toute politique d’aménagement du territoire, lutte contre l’étalement urbain, préservation des terres agricoles, adaptation au changement climatique ou accès aux services de proximité, rien n’est clair.
Pendant que l’exécutif mène la croisade contre le ZAN à Paris, la Région n’a toujours pas mis à jour son schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (SRADDET) pour se conformer aux obligations nationales relatives à la réduction de l’artificialisation des sols. Dans le même temps, elle continue de financer l’étalement urbain comme si le climat n’avait pas changé.
Nous dénonçons également l’opacité persistante dans l’attribution des aides régionales. Malgré nos demandes, nous n’avons toujours pas obtenu la liste détaillée des subventions attribuées aux communes dans le cadre des précédents dispositifs. Les maires eux-mêmes dénoncent régulièrement des critères peu lisibles.
Nous avons défendu cinq amendements pour renforcer la transparence et l’égalité de traitement des territoires, mettre fin aux panneaux bleus, développer une véritable ingénierie territoriale régionale, faire du SRADDET un schéma ambitieux à la hauteur des enjeux climatiques et soutenir la filière du recyclage textile.
Parce qu’un territoire ne se résume pas à un panneau bleu mais à un véritable projet de société, nous avons voté contre cette délibération.
Retrouvez ici l’intervention de Maxime Meyer : https://ecologieaura.fr/ap202606-partenaireterritoire/
Finances et administration générale : l’exécutif régional préfère encore les symboles à l’action
Un autosatisfecit budgétaire déconnecté des réalités climatiques, sociales et économiques
Au milieu de la catastrophe climatique que nous vivons déjà dans nos territoires, l’exécutif continue de se féliciter d’une épargne brute record et d’investissements historiques. Mais que faut-il retenir concrètement de ce compte administratif 2025 ?
Dans les transports, malgré 556 millions d’euros d’investissements annoncés, les TER restent bondés, le matériel roulant demeure inadapté aux fortes chaleurs et les familles continuent de subir des hausses de tarifs, notamment pour les transports scolaires.
Du côté de la formation, les coupes budgétaires se poursuivent : -16 millions d’euros pour la formation professionnelle, dont – 4 millions pour l’apprentissage et – 12 millions pour les formations certifiantes. En dix ans, ce sont près de 123 millions d’euros qui ont été retirés à la formation professionnelle. Une politique qui abandonne la jeunesse, les missions locales et prive notre région des compétences nécessaires pour répondre aux défis de demain.
Dans les lycées, l’exécutif privilégie toujours la communication sécuritaire à l’adaptation climatique. Les tourniquets se multiplient, mais les élèves continuent de passer leurs examens dans des salles surchauffées, tandis que la rénovation thermique des établissements publics reste insuffisante.
La nouvelle taxonomie environnementale de la Région confirme que moins de la moitié des investissements régionaux ont un effet favorable sur le climat. Aucune conditionnalité sociale ou environnementale n’est imposée aux aides régionales, alors même que les associations et les acteurs de terrain voient leurs moyens diminuer.
Ce budget ne protège pas notre région face aux défis climatiques, sociaux et économiques. Il entretient un modèle à bout de souffle et met en péril, jour après jour, l’habitabilité d’Auvergne-Rhône-Alpes. Nous avons voté contre ce compte administratif.
Retrouvez ici l’intervention de Natacha Muracciole : https://ecologieaura.fr/ap202606-compteadministratif2025/
Une délibération pour l’appellation de la Région, on AURA tout vu…
L’assemblée régionale s’est ensuite penchée sur une délibération visant à exiger, auprès de toutes et tous, à l’Hôtel de Région comme à l’extérieur, l’appellation d’Auvergne-Rhône-Alpes comme unique nom pour la Région.
Oui, le nom de notre région est important. Il dit quelque chose de notre identité. Mais notre région rayonne déjà par son AURA. Elle entretient la lumière qui se dégage d’elle.
Alors que nous traversons une canicule d’une ampleur inédite et que tout le pays suffoque, nous en sommes là : prendre du temps en assemblée pour une délibération creuse plutôt que de regarder en face les véritables enjeux. C’est une police de la pensée qui s’installe. C’est un premier pas vers quelque chose qui n’est plus maîtrisable, qui n’est déjà probablement plus maîtrisé.
Cette délibération n’est pas performative, elle n’est en rien exécutoire. Elle témoigne, s’il le fallait, de la pauvreté de l’action régionale. Pour ces raisons, nous avons voté contre cette délibération.
Retrouvez l’intervention de Cécile Michel : https://ecologieaura.fr/ap202606-identiteregionale/
Dénomination des établissements et espaces régionaux : main dans la main avec l’extrême droite, l’exécutif régional fait la police dans les lycées
Dans le lycée Arnaud-Beltrame, à Meyzieu, l’équipe pédagogique et les élèves ont fait un travail remarquable afin de mettre en avant des athlètes féminines. À la fin de ce travail, ils ont eu l’opportunité de voter et choisir le nom d’une athlète féminine pour nommer la salle polyvalente.
Les élu·es d’extrême droite ont appelé au scandale en mobilisant leurs réseaux contre le choix fait par le lycée. L’ensemble des élèves et de la communauté éducative a été heurté : insultes, menaces en ligne.
Au vu de l’amour de l’exécutif régional pour les JO, nous aurions pu nous attendre à ce que la Région félicite le lycée pour cette dénomination et ce travail. Bien au contraire, l’exécutif régional a fait le choix de rejoindre l’extrême droite.
Cette délibération proposée en assemblée plénière répond directement à la polémique déclenchée à Meyzieu : il s’agit désormais d’encadrer politiquement l’ensemble des dénominations des salles et espaces relevant de la Région. La majorité appelle cela un règlement alors que c’est, là encore, l’instauration d’une véritable police de la pensée.
Nous refusons que l’extrême droite dicte quelle personne peut ou non être honorée dans nos lycées. Nous avons voté contre ce rapport et rappelons notre soutien et notre pleine confiance dans nos lycées.
Retrouvez ici l’intervention d’Axel Marin : https://ecologieaura.fr/ap202606-patrimoineregional/
Administration générale : des sujets importants invisibilisés
A contrario, pour ce rapport, nous avions SEULEMENT 2 minutes d’expression alors même qu’il comprenait :
- Le rapport Développement durable,
- Le rapport d’activité de la Région,
- Le rapport égalité homme/femme,
- Le bilan des aides aux entreprises,
- Le rapport d’activité d’Auvergne-Rhône-Alpes Tourisme,
- Une convention de mécénat de compétences à adopter,
- Une délibération sur les ressources humaines,
- Les rendus-comptes : eux-mêmes comprenant les mandats spéciaux, état des actions en justice, fonds européens, état des marchés notifiés, …
- ET un avis de la chambre régionale des comptes sur sollicitation de la préfète de région.
C’est souvent ainsi, mais pour cette plénière particulièrement, nous avons le sentiment que l’exécutif a volontairement chargé la barque pour invisibiliser les sujets et réduire les temps de parole !
Il a donc fallu choisir un sujet et, au regard de la dérive autoritaire de l’exécutif sur la gestion de certains dossiers, nous avons axé cette intervention sur l’instrumentalisation de notre collectivité par les polémiques de Laurent Wauquiez, en dépit des engagements passés.
Nous, écologistes, par cette prise de parole, avons rappelé notre attachement à l’Etat de droit et au devoir de notre collectivité : respecter les accords passés.
Retrouvez l’intervention de Véronique Vermorel : https://ecologieaura.fr/ap202606-administrationgenerale/
Voeu : Soutien à la “loi intégrale” dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants
Toutes les 3 minutes, un enfant est victime de violence sexuelle, tous les 5 jours, un enfant meurt sous les coups de ses parents, toutes les 2 minutes 30, une femmes est victime d’un viol ou d’une tentative de viol. Ces chiffres nous horrifient collectivement, et pourtant nous ne nous sommes toujours pas dotés d’une loi intégrale, prenant en compte le continuum de violences auquel sont soumis les enfants et les femmes.
En début de semaine, le Premier ministre a annoncé mettre à l’agenda de l’Assemblée nationale l’étude d’une loi intégrale dès la rentrée de septembre. Cette proposition de loi intégrale est le fruit d’un travail mené par une coalition féministe et enfantiste, au plus près des problèmes et la plus à même de donner des solutions concrètes et efficaces. Alors, quand Monsieur Lecornu indique que des modifications doivent être menées sur la proposition de loi, nous nous méfions.
Nous appelons à ce que la proposition de loi intégrale pour la lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants soit présentée telle quelle à l’Assemblée nationale et que de réels moyens financiers lui soient alloués.
Par ailleurs, nous déplorons fortement l’attitude de l’exécutif régional qui, après avoir affirmé vouloir soutenir notre vœu après amendement, s’est retiré au dernier moment, en réaction au signalement fait contre Laurent Wauquiez. L’exécutif a ainsi déposé son propre vœu. Une réaction particulièrement mesquine et déplacée, lorsque l’on parle de lutte contre la pédocriminalité, mais qui n’est pas une surprise tant la défense de l’image de Laurent Wauquiez prime sur n’importe quel autre sujet.
Retrouvez l’intervention de Natacha Muracciole : https://ecologieaura.fr/ap202606-voeule/
Question orale : suppression d’arrêts pour les bus scolaires
Des parents d’élèves, des maires et des élu·es locaux nous ont alertés sur des suppressions de lignes et d’arrêts de transports scolaires dans plusieurs territoires ruraux, notamment dans le Puy-de-Dôme.
Après avoir généralisé la tarification du transport scolaire pour de nombreuses familles, l’exécutif régional semble aujourd’hui organiser un nouveau recul du service public dans les territoires où il est pourtant le plus nécessaire.
Nous avons donc demandé à l’exécutif de communiquer la liste précise des lignes et arrêts concernés, les critères retenus pour ces suppressions, les économies attendues et de suspendre ces décisions tant qu’une concertation sérieuse n’aura pas été menée avec les familles, les communes et les élu·es locaux.
Retrouver l’intervention de Grégoire Verrière : https://ecologieaura.fr/ap202606-qole/


