Chers collègues,
Nous nous retrouvons pour une délibération portant sur le nom de notre région. Pas pour le déterminer, mais pour l’exiger, auprès de toutes et tous, ici à l’Hôtel de Région, comme à l’extérieur.
Oui le nom de notre région est important, il dit des choses de notre identité.
Mais notre région rayonne déjà, son AURA est importante.
Elle entretient la lumière qui se dégage d’elle.
Mais est-il réellement besoin de délibérer pour cela ? C’est du temps perdu. Vous croyez marteler des vérités, comme vous martelez le paysage de la région de panneaux bleus. Mais attention, à trop le faire, on finit par laisser des traces indélébiles, qui dévisagent ou qui accaparent les esprits.
En fait, cette délibération, c’est surtout cela qu’elle révèle : le système orwellien que vous mettez en place. Nous sommes en plein 1984, pas l’année, le livre pour celles et ceux qui n’auraient pas encore cet éclairage indispensable sur ce que le choix des mots, le contrôle excessif produit.
J’entends déjà les remous. Mais par cette délibération et ce qui pourrait en découler, auprès des partenaires de la région, auprès des agents peut-être… c’est une police de la pensée qui s’installe. Vous vous défendrez. “Ce n’est qu’une politique d’encouragement. Pas de sanction”. Mais attention, c’est un premier pas vers quelque chose qui n’est plus maîtrisable, qui n’est déjà probablement plus maîtrisé.
Au final, chers collègues, alors que nous traversons une canicule d’une ampleur inédite, alors que notre maison brûle et que tout le pays suffoque,…. Nous en sommes là : prendre du temps en assemblée pour une délibération creuse plutôt que de regarder en face les véritables enjeux, plutôt que de mettre en œuvre des politiques qui permettent de transformer positivement la vie des habitantes et des habitants.. vous en êtes réduits à nous proposer une délibération pour un nom, fût-ce celui de notre belle région Auvergne Rhône-Alpes. Cette délibération n’est pas performative, qu’a-t-elle d’exécutoire ?
Elle témoigne s’il le fallait de la pauvreté de votre action. Quand on en est réduit à cela, il est temps de laisser la place à une autre majorité régionale.

