40 000 m² d’artificialisation du PNR du Vercors : Nos routes et le Vercors doivent rester sublimes !

Communiqué de presse

Le 9 mai 2022

40 000 m² d’artificialisation du PNR du Vercors
Nos routes et le Vercors doivent rester sublimes !

Les élus régionaux écologistes de la Drôme, Europe Ecologie Les Verts et Génération Ecologie Drôme, les associations et collectifs du territoire[1] se mobilisent pour préserver le Parc Naturel Régional du Vercors (PNR) face à un projet démesuré d’artificialisation de 40 km² dont 12km² de parking.

Porté par le département de la Drôme et en lien étroit avec le département de l’Isère, le projet des
« Sublimes routes du Vercors » en maturation depuis 2018 et en passe d’être lancé alors qu’il soulève de nombreuses questions sur le territoire. Ce projet visant à développer le tourisme en augmentant les flux routier compte 17 belvédères, et pousse à l’artificialisation de 40 000 m2 de terre dont 12 000 m2 de parking. Si pour découvrir le Parc Naturel du Vercors il faut le défigurer, en impactant sa faune, sa flore, le sujet mérite au moins d’être débattu.

Le discours du président du département de la Drôme s’appuie sur le développement d’un tourisme « bienveillant ». La formule masque l’objectif d’accroître la fréquentation des sites de 150 000 à 200 000 visiteurs par an. S’agissant de routes départementales, cette fréquentation risque d’être essentiellement motorisée, ce qui éloignera en plus les cyclistes. De plus, la mesure des nuisances sonores reste aujourd’hui impossible à réaliser par la maréchaussée. Il ne restera quasiment aucune zone naturelle préservée du bruit hors de la réserve intégrale, avec un impact prévisible sur la faune présente sur site.

Tourisme motorisé, terres perdues pour la sauvegarde des espèces… Ce projet semble à contre-courant des enjeux locaux et globaux, notamment l’effondrement de la biodiversité dû aux activités humaines et au dérèglement climatique, à l’heure où l’Etat a fixé dans la loi climat et résilience de 2021 la règle du Zéro Artificialisation Nette (ZAN)[2]) pour tenter de l’endiguer.

De plus, un projet de cette envergure devrait être engagé en lien avec les habitant·es et les associations locales, les exécutifs départementaux font le choix du passage en force en l’absence de toute réelle concertation avec la population ainsi qu’avec les nouveaux élu·es arrivé·es dans les collectivités à la suite des élections locales.

Faire le choix pour nos territoires d’un tourisme durable et respectueux de la biodiversité 

Avec 23 millions d’euros de budget, ce projet des “routes sublimes” pourrait être l’occasion de rassembler autour de la table les forces vives de l’artisanat local, de la culture, du tourisme et de la préservation de l’environnement pour imaginer un véritable projet de tourisme durable, qui montrerait l’exemple en France. 

Pour rappel, un PNR est un outil utile de stimulation et de mise en relation des partenaires, qui vise à coordonner et orchestrer des actions, à monter des projets, à être à l’initiative d’actions innovantes sur son territoire. 

Le développement d’un tourisme durable passerait nécessairement par une politique de mobilité ambitieuse s’appuyant sur l’existant, en faisant appel à la région Auvergne-Rhône-Alpes pour renforcer les liens du PNR avec les gares existantes (St Hilaire, St Marcellin , Crest, Die) et en développant de nouveaux modes de transport (navette électrique autonome, parc de vélos à assistance électrique…). 

Dans un but d’alimenter ces modes doux en électricité, nous pouvons envisager de développer des initiatives collectives de production d’énergies renouvelables pour rendre le parc autosuffisant et sortir ses usages de la dépendance aux énergies fossiles comme le font déjà les centrales villageoises du territoire et des acteurs locaux tel ACOPREV dans la Vallée de Quint.

Voilà pourquoi nous nous mobilisons pour requestionner fortement ce projet d’autant plus qu’il semble être la simple ré-écriture du vieux projet des « routes vertigineuses » suffisamment saucissonné pour ne pas être dans l’obligation de passer par les fourches caudines de la DREAL et être refusé.

David Buisson, Maud Grard, Olivier Royer
Conseillers régionaux Auvergne Rhône-Alpes (Drôme)
Groupe Les Écologistes.
contact : 06 23 26 24 75

Marie Pochon 

Candidate NUPES pour les élections législatives
3e circonscription de la Drôme 


  • [1]La FAUP (Fédération des Amis et Usagers du Parc du Vercors), l’association de la Tour de Borne, le Collectif Citoyen de Châtillon en Diois, la Confédération Paysanne 26, Sources et Racines, Lichens Trièves, le Collectif Vélo Diois, Média Ricochets, le Collectif des Indiens du Futur, la Tulipe Sauvage, la FRAPNA Drôme Nature Environnement, Extinction Rebellion, les Amis de la Terre Drôme, la LPO Drôme
  • [2] Dont  l’objectif à l’horizon 2050 est de baisser de 50%, d’ici à la fin de la décennie, le rythme d’artificialisation et de consommation des espaces naturels, agricoles et forestiers,

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

*

code

Retour haut de page