Commission permanente du 22 octobre 2026 : le meilleur du pire

Voici notre traditionnel retour de la commission permanente (CP) du conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes, qui a eu lieu ce jeudi 22 octobre 2026. Pour rappel, la CP est un organe représentatif de l’assemblée plénière, composée de 68 personnes (dont 9 écologistes), où les décisions sont prises à huis clos, sans débat et où il n’y a pas de réel compte-rendu public.

Pour cette huitième commission permanente de l’année 2026, nous avions 90 rapports à voter, ce qui n’a pas empêché l’exécutif régional d’expédier cette CP en 25 minutes.

Économie : la Région délègue l’accompagnement des entreprises au patronat 

À l’automne 2023, la Région a mis en place un dispositif d’accompagnement conseil « Région Industrie – Conseil Performance Entreprise ». 706 accompagnements conseils ont été initiés, représentant 642 entreprises différentes et un montant total de subventions de 3 850 000 €. La Région vient de confier ces dispositifs d’accompagnement au MEDEF, la chambre régionale de Commerce et d’Industrie et aux Entrepreneurs Auvergne-Rhône-Alpes (ex-CPME). Si ces organisations se disent non partisanes, il est pour le moins curieux de confier de l’argent public à des organisations qui ne soutiennent qu’une vision politique néolibérale : baisse du coût du travail, politique austéritaire, réforme des retraites… Quelle éthique en matière d’accompagnement ? 

Handicap, jeunesse, vie associative… : Du mépris, toujours du mépris…!

Cette commission s’est tenue pile dans la semaine de mobilisation du monde associatif « Et si nous arrêtions vraiment ? ». Belle coïncidence que la majorité régionale a royalement ignorée, et même méprisée, avec des dispositifs à l’opposé des demandes du secteur associatif : 

  • Le montant affecté à l’achat de barnums pour les communes a plus que doublé ! On passe de 3,3 millions d’euros dépensés à ce stade pour 2 500 barnums à 8 millions d’euros visés pour la fin 2026. Autant d’argent affiché “en soutien aux associations” qui va en réalité directement dans la poche du constructeur de barnums. 
  • La Région continue de soutenir des associations cofinancées par la galaxie Stérin ! Via La Nuit du Bien Commun : une fondation de ce milliardaire d’extrême droite anti-avortement catholique identitaire et traditionaliste. Et cela s’aggrave puisqu’il s’agit, entre autres, de structures sélectionnées pour intervenir sur les relations amoureuses et la lutte contre les violences faites aux femmes auprès des lycéen·nes ! Vous comprendrez notre inquiétude…
  • Un nouveau dispositif d’aide aux associations a vu le jour : aucun critère, aucun montant annoncé. Ce dispositif vise « de la peinture par exemple » (selon la présidente de la commission) : du petit matériel à destination des bénévoles pour repeindre les locaux associatifs, si tant est qu’ils en aient un et qu’ils en soient propriétaires !

Surtout, le manque de transparence sur les lignes budgétaires et les conditions et critères d’attribution des aides est criant. Lorsque l’on demande comment les montants d’aide régionale sont définis (ils varient pour chaque structure sur une même ligne budgétaire) : on nous explique que cela provient d’un échange avec la structure concernée, avec plusieurs allers-retours pour adapter le montant en fonction des besoins. On voit bien là le problème : les rares montants attribués à des associations, triées sur le volet politique de la majorité régionale, nécessitent des démarches fastidieuses, des négociations, faute de critères et de conditions affichées avec transparence.  

Transports : entre illégalité et inégalités, la Région de la droite dure cherche sa voie

Le bouclier magique sécuritaire de la Région se fissure en Haute-Loire
En 2023, l’exécutif régional voulait couvrir la RN88 de caméras pour traquer la délinquance. Mais comment faire quand la sécurité publique n’est pas une compétence régionale ? C’est simple : on emprunte le pouvoir de police des maires, on fait déposer les dossiers par les communes et la Région pose les caméras. Le droit ? On verra plus tard ! Raté.

Ce n’est ni l’opposition ni un juge qui a sifflé la fin de la récré, mais le ministère de l’Intérieur lui-même, qui émet des réserves sur la sécurité juridique du montage. Se faire recadrer sur la sécurité par Beauvau, respect. Et pan sur le bec !

Alors la Région rhabille le projet. Officiellement, les caméras ne surveilleront plus les délinquants, mais la route. Les communes sont débarquées, deux points de surveillance supprimés, le centre de supervision unique coupé en deux. Seule chose qui ne bouge pas : la facture de 1,2 million d’euros.

Ce million aurait pu sécuriser les traversées de bourgs et les abords d’écoles, comme le réclament les riverains. Mais ça, ça ne se filme pas.

Nouvelle tarification des transports

Discrètement, par un passage en commission permanente, la droite vient lourdement augmenter la tarification des transports régionaux. Cars Région et TER évoluent désormais avec des prix planchers pour les titres unitaires à 4 € ou à 60 € en abonnement mensuel. Présentée comme une politique d’harmonisation visant à augmenter la fréquentation des transports en commun, ce n’est ni plus ni moins qu’une attaque forte contre le pouvoir d’achat. Elle est loin d’être incitative, alors que la période de hausse des carburants nécessite de réelles mesures incitatives. Mais faute d’avoir investi dans le matériel nécessaire, la Région préfère limiter l’utilisation des transports collectifs. 

Une victoire de notre groupe tout de même face à cette grande réforme de la tarification : le retrait, après nos interventions en commission transports, d’un passage de 75 % de réduction à 50 % de réduction pour les abonnements illico Jeunes et leurs accompagnants. Nous avons donc obtenu que soit conservée la réduction à 75 % !

Hydrogène : des pannes, des coûts, toujours aucun bilan !
Une feuille de route hydrogène est votée lors de cette commission permanente. Elle vise à augmenter le nombre de cars rétrofités à l’hydrogène. Alors que des transporteurs qui utilisent cette technologie rencontrent des difficultés (pannes à répétition, véhicules en maintenance, ravitaillement complexe et long), l’exécutif régional s’obstine à développer l’utilisation de cette énergie pour les cars dans les années à venir. Une technologie coûteuse et incertaine. Nous avons demandé, à plusieurs reprises, un bilan : toujours rien !

L’objectif est de 50 cars rétrofités hydrogène, pour un montant de 26 millions d’euros !

Lycées : des dotations de fonctionnement insuffisantes, votées sans débat

Depuis plusieurs années, le financement du fonctionnement des lycées est voté en quelques secondes, sans débat, à huis clos. Pourtant, l’enjeu est de taille : payer les factures d’énergie, acheter le matériel pédagogique, organiser la restauration scolaire et l’hébergement des internes… 

Le montant de cette dotation est identique depuis plusieurs années et réparti entre tous les lycées, même quand leur nombre augmente ! 

Alors, bien sûr, avec l’inflation en hausse et l’envolée du prix du gaz et de l’électricité des années précédentes qui ont réduit comme peau de chagrin les fonds de réserve, ce montant n’est pas assez élevé pour faire face aux dépenses de fonctionnement et financer des projets pédagogiques ambitieux.

Les lycéens et les lycéennes dénoncent leurs conditions d’étude. Leurs mobilisations nous obligent à interroger les moyens accordés à l’enseignement, non seulement du côté de l’état des bâtiments et des équipements, mais également du point de vue des moyens de faire vivre chaque lycée. Les personnels de l’Éducation nationale et de l’Enseignement agricole souffrent de ce financement insuffisant.

Nous l’avons rappelé en commission Éducation : une grande partie des lycées est étranglée : les frais généraux engloutissent la plus grande partie du budget, laissant la part congrue aux projets pédagogiques hors les murs. 

Nous déposerons en décembre 2026 un amendement pour débattre en public du montant de la dotation de fonctionnement de chaque lycée public, un montant plus élevé que celui adopté en octobre 2026.

Formation professionnelle : financer « encore »  le campus Aaéronautique et spatial  

Une fois de plus, la Région s’apprête à signer un chèque de 181 800 euros pour une voie d’accès, alors que ce projet de campus aéronautique engloutit déjà des sommes colossales. Sous couvert d’arrangements techniques avec la commune et le Département, notre collectivité accepte d’assumer seule l’intégralité des frais de réalisation, d’entretien et de réparation de cet accès. Ce gouffre financier sans fin montre une totale absence d’anticipation et fait reposer toutes les charges sur notre seul budget régional. C’est d’autant plus insupportable qu’on accorde en parallèle une rallonge de 35 000 euros à l’Académie aéronautique, alors qu’elle touche déjà 570 000 euros de fonctionnement pour 2026. C’est un traitement de faveur permanent pour un projet qui nous coûte déjà bien trop cher.

Formation professionnelle : la Région cède une nouvelle fois à la folie des grandeurs immobilières 

L’exécutif régional a attribué 6 millions d’euros supplémentaires pour le château de Largentière, portant notre perfusion financière à 8 millions sur un projet global de 10,5 millions. Pendant que nous payons l’essentiel de la facture face à une participation dérisoire de l’État (520 000 euros), nous finançons à grands frais le gros œuvre de près de 1 200 m² au lieu d’investir directement dans les formations.

Agriculture 

La commission a été plus qu’expresse : décalée en visio-conférence, l’audition sur l’alimentation a été une énième fois décalée !  On va finir par désespérer qu’elle advienne… mais qu’ont-ils à cacher sur l’alimentation dans les lycées ?

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