La biodiversité est aussi un enjeu dans nos fermes

Par Grégoire Verrière, conseiller régional Les Écologistes du Puy-de-Dôme;

Depuis plusieurs décennies, suite à la spécialisation agricole et à la généralisation d’un modèle productiviste, certaines races animales anciennes ont disparu ou tendent à disparaître des exploitations agricoles françaises au profit de races dites “plus productives”.

En Auvergne-Rhône-Alpes, la vaches ferrandaise ou villard de lans, la brebis brigasque, la chèvre du Massif-Central ou encore le cheval d’Auvergne sont des races aujourd’hui menacées et qui méritent toute notre attention.  Quand les effectifs diminuent, il faut impérativement veiller à ne pas franchir le seuil limite en deçà duquel ces races seront irrémédiablement perdues du fait d’une diversité génétique insuffisante. 

Cette biodiversité génétique dite « rustique » est pourtant précieuse pour aider les paysans, les paysannes à surmonter le défi de l’adaptation au changement climatique, de la raréfaction des ressources fourragères, et de la sécurisation de nos systèmes alimentaires. Si nous vous parlons ici de races animales, cette réflexion est tout aussi vraie en ce qui concerne le monde végétal, les fruits, les légumes…

La protection et la promotion des races anciennes, rustiques, visent donc à faire croître sur les exploitations des populations d’animaux (asine, bovine, équine, ovine, caprine, porcine ou avicoles) appartenant à des races qui nécessitent, du fait de leurs petits effectifs et de la dynamique de la population, des mesures spécifiques pour leur développement. 

De par nos visites d’élevages, aux côtés des femmes et des hommes qui font le choix de travailler avec ces magnifiques races, nous avons pu constater par nous mêmes la pertinence de les élever. La longévité des animaux, la qualité de leur lait ou de leur viande, leur résistance aux chocs climatiques et sanitaires, la faculté qu’ils ont à valoriser une alimentation parfois plus grossière, le travail précieux d’ouverture des paysages qu’ils réalisent, permettent aux éleveuses et éleveurs de vivre dignement de leur métier, de valoriser localement leur production et de contribuer à la redynamisation des territoires ruraux. Les nombreux bénéfices que nous apporte l’élevage de ces races menacées justifient amplement le soutien des collectivités publiques, en premier lieu des Régions qui ont en charge la programmation des Fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER). Malheureusement, à ce jour, la Région Auvergne-Rhône-Alpes, présidée par Laurent Wauquiez, abandonne la mesure agroenvironnementale et climatique (MAEC) à destination de la protection des races menacées. Choix d’autant plus incompréhensible, que la Région AuRA serait la seule à abandonner ce dispositif au combien important pour des centaines d’agricultrices et d’agriculteurs.

Les élus et élues écologistes de la Région AuRA demandent à Laurent Wauquiez et à son Vice-Président à l’agriculture, Jean-Pierre Taite, le rétablissement de la MAEC à destination des races menacées. Demande d’autant plus légitime que l’exécutif régional ne cesse de rappeler son attachement au patrimoine et à l’identité régionale, ce dont les ferrandaises, la chèvre du Massif-Central, la brebis brigasque ou encore la vache villard-de-lans font partie.

1 réflexion sur “La biodiversité est aussi un enjeu dans nos fermes”

  1. Cette aide est pour nous vitale, nous sommes éleveurs bovins de races ferrandaises, et de chèvres massif centrale. Cette aide contracté la mauvaise valorisation de nos produits “moins classiques”

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