18e Journée mondiale contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie : 

Le 17 mai marque depuis 2005 la Journée mondiale contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie. Elle commémore la décision de l’Organisation mondiale de la Santé le 17 mai 1990 de ne plus considérer l’homosexualité comme une maladie mentale. C’est une journée importante pour mettre en lumière les discriminations et violences dont sont victimes les personnes LGBTQI+. 

Fidèle au projet écologiste d’émancipation, notre groupe aspire à une société où chacune et chacun trouve sa place dans des relations justes et apaisées. C’est la raison pour laquelle les écologistes ont soutenu très tôt les combats pour les droits civiques et pour l’égalité de toutes et de tous et soutiendront encore sans tiédir les personnes LGBTQI+ dans sa quête d’égalité et de reconnaissance

Etat des lieux : des violences persistantes contre les personnes LGBTQIA+

De nombreuses études soulignent la persistance de violences à l’encontre des personnes LGBTQIA+, et leur caractère spécifique. Cette dynamique scientifique est récente, et parfois incomplète (notamment pour les personnes transgenres). 

Les statistiques officielles sont très récentes (publication les 17 mai). Les crimes, délits et contraventions sont en forte hausse cette année d’après le SSMSI (Service statistique ministériel de la sécurité intérieur). En 2021, notre région a enregistré 6,0 atteintes “anti-LGBT” pour 100 000 habitants, soit plus que la moyenne nationale (5,6). Seules trois régions ont un taux supérieur (Hauts-de-France, Occitanie et Ile-de-France). 

Ces chiffres ne concernent que les atteintes enregistrées par la police ou la gendarmerie, donc la partie visible de l’iceberg. L’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales rappelait en 2018 que moins de 4% des victimes d’injures LGBTphobes et moins de 20% des victimes de violence déposent plainte

Le rapport SOS Homophobie de apporte également des données intéressantes : 1815 témoignages de violence en 2020, dont 108 témoignages en Auvergne-Rhône-Alpes (3e région après IDF et Occitanie), contre 107 sur 2 396 en 2019 (mais effet important des confinements). La baisse est plus faible en AuRA que sur le reste du territoire national

Depuis 2016, une hostilité de la majorité régionale contre la communauté LGBTQI+ 

Laurent Wauquiez n’est pas un allié des personnes LGBTQI+, ça n’est pas un scoop. Fervent soutien de la Manif pour tous, signataire de leur charte dès l’origine, il fait partie des rares élus à assumer son opposition globale aux droits des personnes LGBT, mariage pour tous en tête, reconnaissance de la filiation surtout. En 2015, alors maire du Puy-en-Velay, il avait même signifié qu’il « ne procéderait pas à un mariage homosexuel » tant qu’il serait en poste. Dans une interview pour Valeurs actuelles en septembre 2017, il a rappelé sa volonté de revenir sur les « lois socialistes » s’il accédait au pouvoir. 

Dans notre région, cette hostilité s’est très vite concrétisée dans des choix politiques. Dès 2016, Laurent Wauquiez décide de supprimer les budgets des associations LGBT : le festival de cinéma LGBT Face à Face (Saint-Étienne), le festival LGBT Écrans mixtes (Lyon) et le festival grenoblois Vues d’en face sont les premiers à en faire les frais. Ecrans mixtes sera finalement soutenu en 2020 et 2021, sous les cries d’orfraie de l’extrême-droite

Laurent Wauquiez a également supprimé tout soutien aux actions de santé sexuelle, y compris dans les lycées, compétence du conseil régional. Exit les campagnes de sensibilisation contre les discriminations dans les écoles ne sont ainsi plus financées par la région, tout comme – entre autres – la Quinzaine de l’égalité femmes-hommes : la région prétextant que cet événement prône ‘la théorie du genre”

Plus récemment, en mars 2022, il a fait adopter par sa majorité une version régionale du “contrat d’engagement républicain” qui supprime la mention de l’identité de genre par les motifs de discrimination, pourtant reconnus par la loi. 

Il n’est jamais trop tard pour changer de politique

Changer d’avis ne doit pas être interdit en politique. Nous avons donc proposé à Laurent Wauquiez lors de l’examen du budget primitif 2022 puis du rapport sur l’égalité femmes-hommes des amendements pour que le conseil régional s’empare des enjeux liés aux violences à l’encontre des personnes LGBTQI+. Pour la première fois depuis le début de ce mandat, il a accepté de travailler le sujet, et nous avons donc eu rendez-vous avez trois membres de son exécutif le 11 mars : 

  • Marie-Pierre MONTORO-SADOUX, vice-président déléguée à la jeunesse, à la famille et aux séniors
  • Renaud PFEFFER, vice-président délégué à la sécurité
  • Sandrine CHAIX, vice-présidente déléguée à l’action sociale et au handicap

Une nouvelle réunion doit avoir lieu en septembre, et nous espérons que le conseil régional pourra enfin s’engager sur ces enjeux.

Nous avons proposé 10 pistes d’actions

  1. Soutien en fonctionnement au tissu associatif pour l’accompagnement des personnes victimes de violences (accompagnement psychique et social, clinique juridique)
  2. Soutien en investissement aux lieux associatifs LGBT dans la région
  3. Formation des policiers sur le dépôt de plainte : l’accueil est un point noir pour toutes les associations rencontrées (minimisation des faits, mégenrage, besoin d’accompagnement pour passer au stade de la plainte, etc.) → l’association FLAG (policiers LGBT) développe une mallette pédagogique, en lien avec les référents LGBT (un par DDSP). 
  4. Aide à l’investissement sur la mise à l’abri (hébergement d’urgence) → l’association Le Refuge a 5 appartements relais à Lyon, 2 à Grenoble et un local à Saint-Etienne (ouverture en cours). Le Refuge ne répond qu’à la moitié de la demande. Les personnes LGBT ont du mal à accéder aux dispositifs de droit commun, et cela pose souvent problème (cohabitation complexe).
  5. Extension des “boutons d’alerte” aux associations LGBT (utile notamment pour les violences conjugales et intrafamiliales), en intégrant un soutien pour l’accompagnement social des personnes.
  6. Organisation d’une campagne de sensibilisation : dans le magazine régional, sur le site et les réseaux sociaux, dans les trains et gares, dans les lycées, sur les deux sièges du conseil régional.
  7. Facilitation de l’accès des associations aux lycées (interventions en milieu scolaire) et soutien via les projets pédagogiques. 
  8. Module de sensibilisation au repérage et l’accompagnement des violences au sein des formations sanitaires et sociales
  9. Soutien à l’application de FLAG (https://www.flagasso.com/application-flag.html)
  10. Politique en interne à destination des agents de la Région : FLAG a déployé gratuitement sa plateforme au sein d’administrations (signalement parallèle aux RH en interne). 

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