Deux EPR au Bugey ou à Tricastin : Emmanuel Macron enterre la transition énergétique au mépris de la démocratie

Communiqué de presse
Jeudi 10 février 2022

Deux EPR au Bugey ou à Tricastin : Emmanuel Macron enterre la transition énergétique au mépris de la démocratie

Depuis Belfort et à moins de 60 jours de l’élection présidentielle, Emmanuel Macron a choisi ce jeudi 10 février 2022 de piétiner une fois de plus le débat démocratique en annonçant la construction de six réacteurs nucléaires de type EPR d’ici 2035 dont probablement deux dans notre région, au Bugey (Ain) ou à Tricastin (Drôme), et l’étude de huit EPR additionnels. Les Écologistes du conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes dénoncent ce passage en force pour imposer une nouvelle gabegie. 

Nucléaire : la région Auvergne-Rhône-Alpes a déjà assez donné !

Avec quatre centrales (Bugey, Tricastin, Saint-Alban, Cruas-Meysse) et 14 réacteurs nucléaires, Auvergne-Rhône-Alpes est déjà la première région productrice d’électricité nucléaire de France et d’Europe (22,4 % de la production totale française). Notre région vise néanmoins une hausse de 54% de la production d’énergies renouvelables pour 2030 et un doublement de la production en 2050 par rapport à 2015. Négligeant les capacités de production hydroélectrique, solaire, éolienne et biogaz, ce développement au forceps du nucléaire est une faute stratégique, en totale incohérence avec toutes les stratégies adoptées nationalement et régionalement. 

Alors que les projets nucléaires seront fortement affectés par le réchauffement climatique et la baisse de débit des fleuves, notamment du Rhône, il y a urgence à construire une stratégie de production énergétique décentralisée et résiliente

Albane Colin, conseillère régionale de l’Ain, propose: “Ces milliards annoncés aujourd’hui pour l’atome doivent être utilisés pour consolider les nouveaux modes de production de l’énergie et lancer une grande politique de sobriété énergétique. En Auvergne-Rhône-Alpes, nous avons plus qu’ailleurs les moyens de mettre en place un mix énergétique innovant, résilient et décentralisé”.

Olivier Royer, conseiller régional de la Drôme, ajoute : “L’énergie nucléaire est une énergie du passé, une énergie fissile qui comme les autres s’épuisera, une énergie dont on ne sait pas gérer les déchets et qui ne garantit en rien notre indépendance énergétique. Poursuivre le “rêve” atomique, c’est d’abord mettre en danger les possibilités de transformation écologique de notre société.”

Une décision hors-sol, qui renoue avec une France centralisée et technocratique

Le Président choisit de renouveler un soutien aveugle au nucléaire. Aveugle et surtout absurde : comment considérer la viabilité des projets d’EPR alors qu’à ce jour seuls deux EPR fonctionnent dans le monde (Taishan, Chine). Alors qu’aujourd’hui cette technologie est déjà abandonnée par les Chinois pour leurs futures centrales, considérée comme trop compliquée et coûteuse ? Seuls trois autres sites sont en construction dans le monde et la facture ne cesse de s’envoler à l’image du projet français de Flamanville dont le coût final est estimé à 19 milliards d’euros alors qu’il était censé en coûter «  seulement » 3,5 milliards.

Florence Cerbaï, conseillère régionale de l’Ardèche, déclare : “Quelques jours seulement après la révélation de nombreux problèmes de corrosion dans des centrales françaises, et alors que 20% du parc nucléaire est actuellement à l’arrêt, cette annonce tente seulement de légitimer une manière de produire de l’électricité dangereuse et peu efficace qui n’a plus lieu d’être. Cette décision confirme le conservatisme et l’électoralisme d’Emmanuel Macron”. 

Une décision électoraliste au mépris de la démocratie

Alors qu’il refuse le débat démocratique et la clarté sur sa candidature, Emmanuel Macron se lance dans des annonces grandiloquentes et purement électoralistes. Et ce, au mépris des engagements pris par le même Emmanuel Macron : 

  • le respect de l’avis des personnes riveraines, des élu·es, des associations au plus près des territoires concernés. 
  • le respect de l’avis des contribuables, qui portent le risque de l’échec du nucléaire, dopé à l’argent public. 
  • le respect de la loi via la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 2016-2023), qui inscrivait pourtant clairement comme préalable à  toute décision de construction de nouveaux réacteurs “un retour d’expérience consolidé de la mise en service des premiers EPR, notamment Flammanville 3”
  • le respect des engagements du candidat Macron de 2017, qui s’était engagé à réduire de 75% à 50% la part du nucléaire. 

Engager  le pays pour des centaines d’années (et millions à travers la non-gestion des déchets) est un calcul cynique. Maxime Meyer, conseiller régional de l’Ain, déclare : “Cette annonce d’Emmanuel Macron ne peut que nous interroger sur l’utilité et la sincérité réelle de deux démarches de consultations locales en cours dans notre région Auvergne-Rhône-Alpes sur les deux sites probables d’implantation : d’une part une concertation publique jusqu’au 26 février pour modifier le SCOT  (Schéma de cohérence territoriale) du Bugey – Plaine de l’Ain pour faciliter l’accueil d’une paire d’EPR au Bugey ; d’autre part une enquête publique jusqu’au 14 février sur la prolongation de l’exploitation du réacteur n°1 de la centrale de Tricastin (Drôme) pour les dix prochaines années. À quoi bon consulter si les décisions sont déjà prises ?”

Face aux lubies du président-candidat, les élu.es écologistes d’Auvergne-Rhône-Alpes réaffirment leur choix responsable de la sortie progressive du nucléaire et de l’investissement dans les énergies renouvelables et la sobriété énergétique. 

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