Monsieur le président, cher.es collègues,
Ce budget supplémentaire, présenté d’un point de vue technique, aurait pu être l’occasion de renforcer les actions sur les politiques phares de la région : les lycées, les TER de la région, la formation. Ce n’est pas le cas !
Lorsqu’on regarde de plus près, vos priorités interrogent et sont tout un symbole en termes de choix politique :
+ 14,5 M en investissement sur le campus du numérique, véritable vitrine de la Région sur la modernisation et l’innovation pédagogique digitale, mais pourtant, ce bijou cache la misère de votre politique formation avec une réduction des budgets de fonctionnement en direction des plus éloignés de l’emploi, et notamment en direction de notre jeunesse.
Près de 11 M € de plus, mais en réalité plus de 18 M € en investissement sur la politique Sport, si l’on ajoute les 7,2 m € de virements de crédits pris sur le chapitre Enseignement présentés dans les rendus comptes ; cette somme est destinée, je cite, « à compléter la budgétisation 2023 et permettre de présenter au vote de la prochaine commission permanente les dossiers déjà instruits de création et rénovation d’infrastructures et d’équipements des clubs sportifs. »
Bon pudiquement, derrière équipements sportifs, on parle ici de votre politique minibus, qui, s’ils servent aux clubs sportifs certes, servent aussi et surtout votre image et votre visibilité.
On aurait fort à dire sur votre politique en matière d’investissements, les infrastructures sportives sont par ailleurs bien délaissées, quand on pense notamment à celles des lycées. Or, les gymnases de nos lycées – quand ils ont la chance d’en avoir un ! – profitent à beaucoup plus de jeunes que les minibus que vous offrez aux clubs sportifs. Là encore, la justesse de vos choix d’investissement interroge et ils sont bien court-termistes quand on les confronte à leurs conséquences en termes de coût énergétique.
Nous rappelons également ici que cette généreuse dotation de minibus n’est pas prévue pour les déplacements des personnes à mobilité réduite des structures socio-éducatives.
Et pour finir, le CESER semble d’accord avec nous et renouvelle sa recommandation pour une mutualisation de ces véhicules au bénéfice des déplacements en zone peu dense et espère une réelle efficience de cet investissement.
+ 4,1 M de plus sur les moyens généraux, tout ça parce que vous avez volontairement mésestimé l’augmentation du coût de l’énergie. En effet, au moment du budget primitif, l’inflation était pourtant attendue et prévue, mais ajuster au plus juste ces chapitres vous a permis de préserver vos sacro-saints ratios financiers.
Enfin, sur la gestion du personnel, vous intégrez les mesures réglementaires nationales annoncées à l’été 2023, (majoration du point d’indice de 1,5% avec effet au 1er juillet 2023, rehaussement des bas de grille des agents de catégorie C et B, augmentation de la prise en charge employeur à l’abonnement aux transports collectifs), c’est bien. Mais quid de la prime pouvoir d’achat ? Elle ne semble donc pas budgétée pour cette fin d’année alors que plusieurs collectivités ont déjà annoncé l’adopter, comme la Ville et la Métropole de Lyon.
Pour finir, nous sommes amenés à voter le passage à la matrice budgétaire M57.
Ce changement va permettre l’harmonisation de la présentation des budgets, toute collectivité confondue, et de ce fait va améliorer la lecture et la comparaison des finances des collectivités.
Ce changement implique également un contrôle accru de nos subventions d’investissement. Il s’agit en somme de s’assurer que les investissements soient bien inscrits, réalisés et amortis auprès des bénéficiaires, sous peine d’être requalifiés en subventions de fonctionnement.
Cette disposition a du bon : contrôler la bonne affectation des sommes dévolues à l’investissement, de quoi faire un peu pâlir vos ratios financiers à l’avenir, mais de quoi ramener de la clarté et éviter de s’en tenir à vos interprétations dithyrambiques sur l’action de votre exécutif.