Intervention de Bénédicte Pasiecznik sur un soutien renforcé pour la sécurité de nos communes

Monsieur le Président, chers collègues,

Monsieur le Président, Madame, Monsieur,

Ce rapport apporte de nouvelles pages à votre catalogue de soutien à la vidéosurveillance et à l’équipement de la police municipale. Nous ne partageons pas votre vision du rôle de la collectivité régionale en matière de sécurité, avec une intervention hors compétences, sans approche globale des situations, articulant prévention et répression. Nous vous avons ainsi demandé une évaluation de l’impact de votre politique, qui, vous le dites dans votre dernier journal, a mobilisé 470 millions d’euros depuis 2016. Je sais l’importance de la police municipale, travaillant avec elle au quotidien, mais nous attendons également que vous vous positionniez pour demander plus de moyens en police nationale et gendarmerie nationale pour effectuer les missions de sécurité qui incombent à l’Etat. Nous nous sommes déjà largement exprimés sur le sujet, je n’en dirai pas plus aujourd’hui.

Pour autant, comme nous parlons sécurité, j’aimerais que l’actualité du moment et la météo automnale ne nous fassent pas oublier un autre volet de la sécurité, pourtant largement aussi important pour nos habitants, je parle de la gestion des risques, et en particulier les risques naturels.

L’été semble en effet déjà oublié alors que notre région n’a malheureusement pas été épargnée par les risques inhérents aux effets combinés de la sécheresse et de la canicule.

Tout d’abord, notre population régionale a malheureusement pris sa part dans la surmortalité due à la canicule estimée à plus de 7.000 décès par Santé publique France, à l’échelle nationale. 

Notre région est également largement concernée par le risque incendie. En effet, les départements du sud de la région, c’est-à-dire la Drôme et l’Ardèche, sous influence méditerranéenne, sont particulièrement exposés. Mais cet été, c’est toute la région qui a été concernée avec l’incendie du massif du Justin dans le Diois, où 4.200 ha ont brûlé, mais aussi des incendies importants, de l’ordre de 50 ha en Haute Loire, dans le Puy de Dôme et en Savoie, et même un incendie couvrant 80 ha au nord de Moulins, dans l’Allier, en juin 2026.

On s’attendait donc lors de cette assemblée plénière voir la région se positionner sur le sujet. Mais non rien… On a eu l’opération climatiseurs début juillet, puis plus rien. Comme si cet été n’était qu’un accident de parcours, alors qu’il va devenir la norme. Comme si féliciter les pompiers était suffisant alors qu’ils sont toujours en grève, et qu’ils réclament à la fois des moyens humains et financiers pour mieux exercer leurs missions mais souhaitent également que toutes les autres politiques contribuent à limiter l’apparition et l’extension des incendies. Nous notons que vous donnez enfin un accès gratuit aux transports régionaux pour les pompiers, c’est un minimum, que nous vous avons demandé il y a 4 ans. 

En outre, la région peut faire beaucoup pour limiter, prévenir et gérer ces risques incendies, avec ses compétences régionales, en particulier aménagement du territoire et politiques forestière et agricole.

En termes d’aménagement du territoire, la fragmentation foncière, l’abandon des terres agricoles, l’artificialisation et l’extension des zones d’interface entre habitat et forêt impliquent aujourd’hui de repenser l’aménagement du territoire, de renforcer la gestion active des paysages et de restaurer des mosaïques plus résilientes associant agriculture, forêt et pastoralisme.

Plus globalement sur l’ensemble des risques, naturels ou industriels, la région pourrait tout d’abord contribuer à améliorer la connaissance sur les aléas dans les territoires et les enjeux afférents en termes de populations, d’habitat, d’activités économiques, de réseaux et d’enjeux environnementaux. Les territoires les plus vulnérables pourraient être soutenus pour l’établissement de stratégie de résilience territoriale face aux risques, à l’échelle des schémas de cohérence territoriale, voire à des échelles plus fines. 

Par ailleurs, la culture du risque est peu développée en France, contrairement à d’autres pays européens, alors que chacun et chacune peut à son niveau être acteur dans la prévention et la gestion des risques. Il s’agit en effet de diffuser massivement l’information sur les risques propres à chaque territoire, sur les comportements à adopter pour limiter ces risques et sur les bons réflexes en cas de crise effective.

La région peut d’abord agir en direction des jeunes par sa politique de soutien aux actions éducatives dans les lycées, au-delà du seul soutien du pass région à la formation aux premiers secours. La région peut également soutenir les communes pour l’organisation de la journée nationale de la résilience ou la création de réserves communales de sécurité civile. Toutes ces actions permettent de sensibiliser le plus grand nombre à la question des risques et contribuent à rendre la population actrice en cas de crises, en lien avec tous les acteurs de la sécurité civile. 

Enfin, la région peut soutenir le développement des outils de surveillance, de prévision, d’alerte et de gestion de crise par les collectivités concernées. Elle peut également accompagner les communes dans le développement d’action d’appropriation des outils par les acteurs locaux et la population.

Sur l’anticipation des futurs étés caniculaires, je ne développerai pas ici ce qui concerne la rénovation thermique des lycées, l’adaptation de l’agriculture que nous développons par ailleurs lors de cette session. 

Pour terminer sur ce sujet des risques liés aux canicules et aux sécheresse, l’anticipation est primordiale, et nous ne pouvons que constater la passivité de cet exécutif.

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