Intervention de Maxime Meyer sur un nouveau budget responsable et ambitieux face à un contexte budgétaire national grave

Vous nous parlez de ratios budgétaires, mais moi, je veux vous parler des vraies personnes, de leurs vraies vies et de leurs vrais problèmes.

Introduction :

Aujourd’hui encore, nous voilà face à un débat d’orientations budgétaires où l’on nous parle de chiffres, de ratios, de tableaux. Tout cela semble bien ordonné, bien cadré, mais cela ne renvoie qu’à des équilibres financiers et des notions abstraites de bonne gestion, d’autofinancement et de capacité de désendettement. Mais je vous le demande : où sont les vraies personnes dans tout ça ? Où sont les Auvergnats et les Rhônalpins, ceux qui se battent chaque jour contre des réalités bien plus dures que ne laissent entrevoir vos chiffres ?

Ce que je souhaite, c’est replacer ce débat dans le monde réel, avec les vrais problèmes de celles et ceux que nous sommes censés représenter. Car derrière ces chiffres, il y a des gens qui peinent à joindre les deux bouts, à trouver un emploi, ou simplement à prendre un train qui arrive à l’heure ! Les Françaises et les Français sont aujourd’hui en pleine crise de confiance : 70 % d’entre eux ne font plus confiance à la politique. Et comment leur en vouloir ? Nous sommes dans une période post-COVID, marquée par des crises multiples : sociale, écologique, géopolitique. Tout cela s’enchaîne dans un contexte d’échecs généralisés : nous détruisons nos habitats naturels, les inégalités se creusent, et tout le monde souffre de cette situation. Reconnaissons-le : les politiques ne sont pas à la hauteur !

Exemples concrets :

Prenons l’exemple des transports. Votre document parle d’un plan ambitieux pour les mobilités, mais comment ignorer le constat accablant dressé par la Cour des comptes régionale, qui pointe un manque criant de trains dans notre région ? Auvergne-Rhône-Alpes manque de 30 trains chaque jour pour répondre aux besoins des usagers actuels. Ce sont des milliers de personnes qui subissent quotidiennement des retards, des annulations ou qui doivent faire face à des lignes saturées. Vous proposez des solutions pour 2035, mais que dirons-nous aux usagers en 2025 ? Les ratios budgétaires ne les aideront pas à arriver à l’heure au travail ou à retrouver leur famille en fin de journée

Parlons d’éducation. Vous vantez souvent votre plan Marshall pour les lycées, mais de nombreux établissements peinent à accueillir leurs élèves dignement, comme l’a démontré notre mission sur les lycées l’année dernière. Les jeunes sont ceux qui souffrent le plus de la crise actuelle, que ce soit en matière d’éducation, d’emploi, ou même de leur place dans la société. Et ce n’est pas en imposant des programmes d’austérité que nous réglerons l’urgence du quotidien. Il ont besoin d’être associés pleinement aux politiques publiques qui les concernent. Une région qui ne s’occupe pas de sa jeunesse n’a pas d’avenir.

Vous parlez d’écologie positive, mais où est l’ambition réelle face à la crise climatique ? Les habitantes et habitants de notre région ne voient que des sécheresses, des forêts brûlées, des champs dévastés, et une qualité de l’air qui se dégrade. Nous subissons des catastrophes naturelles de plus en plus graves, face à une société de plus en plus vulnérable. Et vous, vous nous parlez de ratios financiers ? Face à ces crises multiples, nous ne pouvons plus nous permettre de rester dans l’inaction. Il faut repenser l’économie et nos priorités, en adoptant un modèle qui réponde directement aux besoins des citoyennes et des citoyens.

Et qu’en est-il des familles modestes et moyennes qui, dans des territoires ruraux ou périurbains, peinent à faire face à l’inflation ? Des familles qui, par exemple, ne peuvent plus payer les activités périscolaires de leurs enfants ou renoncent à des soins de santé. Pensez à ces parents qui doivent choisir entre faire les courses, chauffer la maison ou payer le sport de leurs enfants. Est-ce que ces ratios budgétaires vont changer leur vie ? 

Sur les ratios :

Encore une fois, je ne dis pas que la gestion budgétaire n’a pas d’importance. Mais à quoi sert d’avoir un taux d’endettement bas si, en face, des services publics essentiels disparaissent ? À quoi bon se féliciter d’un budget “responsable” s’il ne sert pas les citoyennes et citoyens ? 

Vous nous parlez de la dette budgétaire mais qu’en est-il de la dette écologique et sociale qui ne rentre pas dans les cases de vos tableaux ? Notre société va droit dans le mur. Les scientifiques nous le répètent sans cesse. Pendant ce temps, vous vous pliez aux règles d’un marché globalisé. Annoncer une capacité de désendettement à 2,9 ans n’a aucun sens, alors que nous pourrions faire bien plus tout en conservant notre notation AAA. Ce sont en réalité des centaines de millions qui ne sont pas investis sur nos territoires.

Le rapport insiste sur le fait que la région n’a pas augmenté les impôts depuis 2016. Pourtant, les recettes de la région dépendent largement de la TVA, une taxe qui pèse plus lourd sur les ménages à faible revenu. Par ailleurs, avec la réduction des services publics, ces ménages doivent compenser par des dépenses personnelles, notamment pour la mobilité ou la santé, ce qui revient à une forme de “fiscalité cachée”. Que ce soit par des hausses de tarifs des transports, une baisse des subventions ou des coupes dans les services essentiels, ce sont finalement les contribuables qui en subissent le coût. Ne pas appeler cela une augmentation d’impôts, c’est jouer sur les mots pour mieux camoufler votre rôle dans la hausse du coût de la vie des citoyens et des citoyennes.

Les finances de l’État sont dans un état catastrophique, et au lieu de s’attaquer à la racine du problème, le Premier ministre Barnier, de votre famille politique, choisit de continuer à couper dans les services publics. Une fois encore, au lieu de mettre en place une fiscalité plus juste, ce sont les plus fragiles qui paient le prix fort. La Région doit donc prendre le relai, soigner et protéger ses habitantes et habitants, et combler le vide laissé par un gouvernement qui ne joue plus son rôle. Par exemple, la région a concrètement les moyens de compenser la baisse de 5,5 millions d’euros de la dotation de l’Etat au CFA, sans dégrader sa note AAA. Je le dis fermement : les services publics sont le patrimoine de ceux qui n’en ont pas.

Les ratios ne font pas une politique publique, mais ils peuvent la détruire. Alors oui, vous nous parlez de ratios budgétaires, mais moi, je veux vous parler des vraies personnes, de leurs vraies vies et de leurs vrais problèmes. Et je vous invite à en faire autant.

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