Retour sur l’assemblée plénière du 27 juin 2024

Le conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes était réuni en assemblée plénière, le 27 juin pour étudier une série de rapports régionaux importants. 

L’assemblée plénière, c’est quoi ?

C’est le temps fort de la vie démocratique du conseil régional : les 204 membres du conseil régional, qui représentent les citoyennes et citoyens d’Auvergne-Rhône-Alpes, se réunissent environ tous les deux mois dans l’hémicycle à Lyon pour la session plénière.

Comme à l’Assemblée nationale, les 204 membres du conseil régional ont le pouvoir de délibérer c’est-à-dire de voter les délibérations (les décisions) que la Région mettra en œuvre. Celles-ci sont proposées par l’exécutif : ici Laurent Wauquiez et ses vice-président·es. 

L’assemblée du conseil régional est composée de 204 membres : 135 de la majorité (118 LR et 16 UDI), 67 des oppositions (28 écologistes, 11 PS, 6 PCF-LFi, 5 PRG ; 13 RN et 4 LIS-Reconquête) et 3 non-inscrits. L’ensemble des votes se font à la majorité simple, Laurent Wauquiez a donc les coudées franches pour appliquer son programme.

Exceptionnellement, cette session s’est tenue en visioconférence, sur seulement une demi-journée ! Une séance réduite au strict minimum par l’exécutif régional avec seulement 3 délibérations, aucun vœu, aucune question orale et aucun amendement !

Si l’on comprend que les enjeux politiques nationaux de la période impactent la vie institutionnelle du conseil régional, on ne peut toutefois que s’interroger sur cette réduction à l’extrême du contenu de cette assemblée surtout lorsque le président de Région s’est contenté de rester seulement cinq minutes en début de séance avant de se déconnecter. Certes il ne pouvait pas participer aux débats sur le compte administratif mais il ne s’est pas reconnecté par la suite. Sûrement avait-il mieux à faire ailleurs…

Compte administratif et compte de gestion 2023

La présentation du compte administratif et du compte de gestion pour l’année 2023 a une nouvelle fois été l’occasion pour l’exécutif de se lancer dans son exercice favori : l’autocongratulation. A les écouter, tout va bien dans le meilleur des mondes, tout est excellent !

Or, au regard de ces rapports, nous avons souhaité apporter quelques nuances. Non, la gestion de la Région n’est pas excellente. Preuve en est quant au niveau d’investissement des lycées par exemple, puisqu’encore trop peu ont bénéficié d’une rénovation thermique et énergétique. Avec le “plan Marshall 2”, la Région est encore en train de programmer des rénovations prévues au “plan Marshall 1”.

Même constat sur la politique transports, les investissements sont déjà bien trop tardifs et peineront à rattraper le retard pris sur le matériel roulant manquant, nécessaire pour développer les trains du quotidien et accompagner les mobilités bas carbone.

Non, se féliciter d’une compression des dépenses de fonctionnement n’est pas excellent car ces dépenses sont aussi des investissements d’avenir et, à défaut, la Région devrait assumer un rôle d’amortisseur social auprès des habitantes et habitants, plutôt que d’afficher des ratios financiers aussi bons.

Très concrètement, depuis 2021, les budgets dédiés par exemple aux écoles de la deuxième chance, aux missions locales, aux CIDFF, ou encore aux MIFE et aux chantiers d’insertion sont identiques à l’euro près. Les salariés, jeunes, précaires et demandeurs d’emploi en attente de formations et les entreprises qui peinent à recruter auront probablement bien du mal à apprécier cette course à la performance.

On s’étouffe donc quand on lit en conclusion que “les marges de manœuvre ont été pleinement mobilisées en 2023 pour défendre l’emploi, relocaliser les entreprises et accompagner la reprise de l’activité.” 

Nous avons donné 4 exemples concrets de pistes d’amélioration :

  • Sur la politique Formation précisément, investir dans la mutation des métiers pour anticiper la transition dans tous les domaines est fondamental : la jeunesse est un investissement d’avenir !
  • Sur la politique transports, investir sur la route ne bénéficie pas à toutes et tous et nous enferme dans un système dépendant des énergies fossiles.
  • Sur la politique agricole, misons sur des systèmes robustes avec des cultures diversifiées, adaptées au climat local et préservant la biodiversité.
  • Sur la politique éducative, renforçons les moyens dédiés aux lycées : les projets pédagogiques permettent de renforcer la coopération et l’ouverture d’esprit nécessaires à la cohésion sociale et à l’adhésion à une même communauté de valeurs.

Nous le disons aujourd’hui à l’endroit de l’exécutif : pensez à l’avenir plutôt qu’à vos ratios financiers ! Pensez robustesse plutôt que performance !

Retrouvez l’intervention de Véronique Vermorel :

Intervention de Véronique Vermorel sur le compte administratif 2023

Administration générale

Histoire d’être sûr que cette séance publique en visio serait la plus courte possible, l’exécutif avait concentré dans ce rapport la présentation de 3 rapports de la chambre régionale des comptes, le bilan des aides aux entreprises, ainsi qu’un ensemble de rendus-comptes permettant le contrôle de l’action de l’exécutif : listes des recours contre la collectivité, marchés notifiés, fonds européens, derniers ajustements budgétaires, …

Il a donc fallu faire un choix puisque le temps d’expression dédié à l’expression sur ce rapport était de… 2 minutes !

Dans ce rapport, un dossier a particulièrement retenu toute notre attention : le rapport de la chambre régionale des comptes sur la politique ferroviaire de la région, commandé par Laurent Wauquiez.

Nous pourrions résumer ce rapport de la façon suivante. Pour répondre à la demande croissante des usagers, il faut arrêter de supprimer des liaisons ferroviaires et surtout investir encore plus massivement dans la modernisation du réseau et du matériel TER roulant.

Ce rapport était sûrement attendu par la majorité pour démontrer que la Région n’est pas fautive dans les dysfonctionnements de la gestion des TER. 

Or ses conclusions sont à l’inverse. Trop de suppressions de TER depuis le premier mandat de la majorité actuelle, comme les TER du Puy-en-Velay qui étaient directs entre St-Etienne et Lyon. La majorité a beaucoup trop attendu avant de comprendre l’ampleur de l’investissement nécessaire.

Il ne suffit pas de dire que les TER roulent sans retard, encore faut-il que ce soit aux heures de pointe quand les Auvergnat.es et les Rhônalpin.nes en ont le plus besoin.

L’essence augmentant et l’emploi revenant, les habitant.es de la région prennent le train en grand nombre et ceux-ci sont saturés, l’offre ne parvenant plus à suivre la demande. 

Les investissements étant trop tardifs, les constructeurs ayant leur carnet de commandes saturés, que va-t-il se passer dans les 10 ans à venir ? Trop de voyageurs continueront à voyager debout ou même à devoir rester à quai comme cela est parfois déjà le cas !

Retrouvez l’intervention d’Olivier Longeon :

Intervention d’Olivier Longeon sur l’administration générale

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