Voici notre traditionnel retour de la commission permanente (CP) du conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes, qui a eu lieu ce jeudi 25 juin 2026. Pour rappel, la CP est un organe représentatif de l’assemblée plénière, composée de 68 personnes (dont 9 écologistes), où les décisions sont prises à huis clos, sans débat et où il n’y a pas de réel compte rendu public.
Pour cette cinquième commission permanente de l’année 2026, nous avions 97 rapports à voter, ce qui n’a pas empêché l’exécutif régional d’expédier cette CP en près de 15 minutes.
📚 Formation professionnelle : C’est toujours aux mêmes qu’on demande un effort ?
Missions locales :
L’adage Fort avec les faibles et faible avec les forts persiste encore en Auvergne-Rhône-Alpes. Il s’agit cette fois de la baisse des financements des missions locales, déjà affaiblies ces dernières années. La région réduit à nouveau leurs financements alors que leurs missions sont pourtant si nécessaires pour l’insertion des jeunes.
Ça a commencé par l’instauration d’une part variable de leur subvention, puis l’augmentation de cette part variable par rapport à la subvention socle, part variable payée si atteinte d’un certain nombre d’objectifs. L’enveloppe globale qui leur est dédiée n’a pas été réévaluée pendant 2021 (début du second mandat Wauquiez) alors qu’elle aurait mérité d’être augmentée. Elle a même été baissée de 10% en 2024.
Cette situation a changé brusquement le 15 juin dernier, car nous avons appris que, malgré l’atteinte des objectifs, le dépassement même de certains objectifs, les règles de jeu ont changé en cours d’année : cette fois, la baisse de 10% est appliquée sur le reste à verser (cette fameuse part variable sur objectifs) de la subvention, soit 50% de moins sur cette part malgré l’atteinte des objectifs !
Sans délai, sans prévenir… Les impacts seront terribles pour ces structures déjà fragilisées. Les jeunes n’ont jamais eu autant besoin de nos missions locales et les missions locales n’ont jamais eu autant besoin du soutien de notre collectivité. Mais elles ne l’auront pas. On les pousse un peu plus dans la difficulté et on prend le risque de les voir arrêter une partie de leurs programmes auprès des jeunes.
Formations certifiantes :
D’un autre côté, malgré les restrictions qui ont justifié la baisse des financements des missions locales, nous finançons des programmes de formation aux entreprises : ainsi, nous participons à hauteur de 52 000 euros pour 5 demandeurs d’emploi formés par l’AFRAT, soit 4 000 heures de formation sur la base d’un taux horaire de 13 €. C’est un financement important, qui devrait être porté par les OPCO (opérateur de compétences organisé par branche professionnelle) ou France Travail, car ce sont souvent des demandeurs d’emploi, ou l’entreprise elle-même via son plan de formation, mais la Région met beaucoup, surtout quand il s’agit d’une entreprise de Haute-Loire !
Enfin, et parce que nous sommes tatillons en commission Formation, ces dossiers passent de plus en plus en commission Économie, mais nous veillons au grain et ne sommes pas dupes ! Il faut ajouter qu’en plus, ces formations ne débouchent pas pour les salariés sur un titre ou un un diplôme qui serait valorisable pour leur poursuite de carrière et évolution professionnelle.
🏥 Santé : Face à la précarité étudiante, la Région restreint les critères d’attribution des bourses ! Et semble gâter les grands groupes privés dans le dos des élu·es
En Auvergne-Rhône-Alpes, la précarité étudiante atteint des sommets, accentuée par l’inflation et une crise du logement sans précédent, sans parler de la canicule actuelle qui transforme ces logements en bouilloires thermiques. Pourtant, dans ce contexte social particulièrement tendu, la Région a choisi de durcir les critères d’attribution de ses bourses pour les étudiant·es suspendant leurs études pour raisons médicales. Une décision qui risque de précariser un peu plus certain·es étudiant·es déjà à bout de souffle.
Sans parler du groupe Elsan qui a annoncé une subvention de 4 millions de la Région pour sa clinique du Bon Secours au Puy-en-Velay… sans aucun vote, ni information donnée au préalable aux élu·es régionaux.
🏫 Education : L’exécutif a une idée révolutionnaire : isoler les lycées !
A l’occasion d’une question diverse à propos de l’accompagnement des lycées en cette période de bac et de canicule, la vice présidente a expliqué aider les lycées à acheter des ventilateurs… un ventilateur pour 35 élèves rassemblé·es toute une demi-journée dans la même salle… Brasser l’air chaud ne rafraîchit pas plus qu’un pansement n’est efficace sur une jambe de bois.
Et pour terminer sa réponse, la vice présidente s’est exclamée “il y a 10 ans, personne ne parlait d’isolation des lycées”. C’est vrai, ce n’est pas comme si les rapports du GIEC ne s’accumulaient pas depuis des décennies. Ce n’est pas comme si le fameux “notre maison brûle et nous regardons ailleurs” n’avait pas plus de 20 ans !
💸 Economie : Toujours des aides sans contrepartie sociale ou écologique
Les plans sociaux se succèdent et condamnent davantage la politique de la Région. Elle continue à dépenser sans compter au titre de la réindustrialisation, mais se refuse à accompagner ceux qui cherchent à éviter la désindustrialisation, à l’instar de Polytechnyl, dont les salarié·es proposent un plan de reprise du fleuron de la chimie française. En Haute-Savoie, alors que Emerson Aventics a bénéficié de 340 000 € de subvention de la Région depuis 2018, pour développer une nouvelle ligne de production, elle délocalise désormais en Pologne pour réduire les coûts et augmenter les dividendes. On continue ou on arrête les frais ?
🎭 Culture : Des projets réalisés par des équipes artistiques plutôt que des spectacles de drones !
Les baisses continuent à frapper le secteur du spectacle vivant et de la création contemporaine. Cette année encore, la ligne dédiée aux projets de création artistique diminue de 80 000 € après que ce même secteur a connu une régression de 400 000 € en avril 2026. De plus, les deux appels à projet concernant les zones rurales ont été suspendus : c’est presque 1 million d’euros, dépensé les années précédentes qui serait repoussé à l’automne. Pendant ce temps-là, 300 000 € sont accordés au festival Bourdonner en Bourbonnais dans l’Allier, pour organiser un feu d’artifice de 20 minutes réalisé par des drônes. La fragilisation des secteurs de la création contemporaine par la majorité régionale continue …
🚆 Transports : Une révision tarifaire pour toujours plus de complexité
Parmi les nombreux rapports à l’ordre du jour de cette CP pour les transports, une révision de la tarification. Si on peut voir avec satisfaction la perspective de tarifs sociaux selon le quotient familial, c’est sans précision.
Le billet unitaire de car région passe à 4 € pour les courts trajets et sera aux kilomètres pour les plus longs, tout cela très flou, sous couvert de simplification !
Et le clou, c’est la fin de la prise en compte des cartes Avantages SNCF (Jeunes, Seniors …) pour les billets TER ! Pour bénéficier d’une réduction, il faudra acheter une carte régionale Liberté et Liberté Jeunes. Et donc pour les trajets qui combinent TER et TGV ou Intercité, il faudra avoir acheté les deux cartes pour bénéficier d’une réduction !


