Vœu présenté par Benjamin Joyeux pour demander une commission d’enquête sur l’implantation et les activités des réseaux d’extrême droite

Monsieur le Président, cher-es collègues,

Le 12 février dernier, en marge d’une conférence à l’IEP de Lyon, une rixe très violente éclatait entre des militants néofascistes et antifascistes. 2 jours plus tard, Quentin Deranque, âgé de 23 ans, décédait des suites de ses blessures. Cet événement tragique, aux circonstances en cours d’élucidation par la justice, a mis en lumière la réalité des affrontements violents avec des organisations d’extrême droite dont les activités structurées et de plus en plus visibles méritent un examen sérieux, transparent, démocratique et sincère.

L’hommage tant national que régional rendu à Quentin Deranque, par la minute de silence à l’Assemblée ou encore l’affichage de son portrait sur l’hôtel de notre Région, alors que l’enquête débutait à peine, a ainsi pu choquer à raison. C’est la première fois depuis la Libération qu’un hommage public était rendu à un militant néonazi, même si la présidente de l’Assemblée nationale a exprimé depuis ses regrets. Ce renversement total des valeurs nous interpelle.

Car suite à la mort du militant néofasciste, des élus de gauche ont fait l’objet de menaces et des permanences parlementaires ont été dégradées. Ces actes violents constituent des atteintes très graves à notre vie démocratique. 

Selon les données publiées par les chercheurs, l’extrême droite est responsable de la très grande majorité des violences politiques en France : on parle de 59 morts depuis 1986. Une note récente du Centre de recherche de la gendarmerie nationale, qui n’est pas une officine gauchiste, place les néofascistes parmi les principales menaces terroristes en France, juste derrière le terrorisme islamiste.

A l’échelle européenne, certains partis sont des relais politiques de ces groupes néonazis ultra-violents, comme l’AFD en Allemagne, réunis au sein du groupe « l’Europe des Nations souveraines » au Parlement européen. La seule eurodéputée française y siégeant est Sarah Knafo, invitée récemment par notre ex-Président de Région à participer à une primaire pour la prochaine présidentielle.  

Pour toutes ces raisons, nous proposons par ce vœu de demander une commission d’enquête parlementaire sur le financement et les modes d’action des organisations néofascistes et leurs liens avec des partis d’extrême droite ; de veiller à l’exécution des dissolutions prononcées à l’encontre de ces groupes et de présenter devant le Parlement un bilan annuel de la menace réelle qu’ils constituent.

Je vous remercie.

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