Monsieur le président, cher.es collègues,
La politique culturelle semble être avant tout un terrain de jeu de « coups de communication » pour l’exécutif régional depuis 2021 : Festival « Inversion » à 500 000 € à Gerland, spectacle musical Raconte-moi la France au Zénith de Clermont-FD à 500 000 € (séances annulées à l’Arena ADLC) et maintenant un camion musée pour 600 000 € avec une Fondation privée Art Explora. Les deux précédentes tentatives ont capoté et coûté cher à la Région. Ce serait bien dommage qu’il en soit de même pour le musée d’Orsay et les Impressionnistes qui méritent mieux que cela !
Le montage de cette opération dite de prestige est tout sauf clair. Nous ne disposons pas des montants globaux d’investissement et ni de fonctionnement. On ne sait pas encore si les équipes de médiation seront celles du Musée d’Orsay ou celles de la Fondation privée. Les intercommunalités et communes seraient appelées elles aussi à contribuer. En fait, nos habitant·es risquent bien de contribuer 3 fois par leurs impôts même si les entrées sont gratuites (ce que nous ne savons toujours pas) : 1) le financement par le Ministère de la culture du musée d’Orsay, 2) la subvention d’investissement octroyée par la Région et 3) ensuite les soutiens des Communes d’accueil de la fameuse tournée.
Ce projet pose donc de nombreuses questions : pourquoi passer par une Fondation privée qui pourrait apporter un mécénat privé mais dont on ne comprend pas l’implication financière ? Pourquoi ne pas passer directement une convention de coopération avec le Musée d’Orsay ?
Fondamentalement, un camion, ce n’est pas un musée. Pourtant en région AuRA, on dispose de nombreux musées avec de riches collections, y compris dans des petites villes, qui peuvent attirer des visiteurs qui habitent en proximité à la campagne et musées qui pourraient accueillir l’expo de 15 tableaux du musée d’Orsay en la faisant dialoguer avec les oeuvres de leurs fonds. Ceci permettrait de vivre de réelles expériences muséales dans de vrais musées, avec des personnes compétentes et donnerait envie de revenir au musée.
Enfin, dernière remarque avant débat, aucune expérience parisienne descendante vers « la province » de ce type n’a fonctionné par le passé (Muséobus des années 70, Centre Pompidou mobile lancé fin 2011 et arrêté en 2013). Cette façon de faire est bien loin de la coopération régionale entre institutions culturelles de la région et nous semble assez condescendante pour les équipes culturelles déjà et surtout pour les habitant·es de nos territoires. Nous réservons donc notre vote à l’issue des amendements et de vos réponses.


