Monsieur le président, cher.es collègues,
Encourager les jeunes filles à se former et à travailler dans l’agriculture ? Pourquoi pas !
On peut s’interroger malgré tout sur cette seule insistance sur l’engagement des femmes dans les métiers agricoles quand il manque tellement de bras pour assurer l’autonomie alimentaire de notre pays.
On n’y parviendra pas si on ne met pas un terme au plus vaste plan social, plan social à bas bruit puisqu’une ferme qui meurt ici, une autre là-bas, une autre encore un peu plus loin, ne se voit pas.
On n’y parviendra pas non plus si on passe sous silence les conditions de travail des paysannes et paysans, entre le risque de suicide plus élevé que la population générale et les faibles revenus que dégage, pour la plupart, l’activité agricole.
On n’y parviendra pas si on n’amorce pas une véritable révolution culturelle. Sans risque de paraître caricatural, le constat s’impose : pourquoi si peu d’hommes dans les métiers du soin à la personne ? Pourquoi si peu de femmes dans les métiers du maintien de l’ordre ? Pourquoi si peu de femmes cheffes d’exploitation agricole ?
On n’y parviendra pas si on n’attaque pas à la racine, les causes de ce déterminisme social et les représentations culturelles de la place des femmes et des hommes dans la société.
On l’avait déjà suggéré à propos du texte Encourager les vocations scientifiques chez les lycéennes : on a besoin d’un plan pour la lutte en faveur de l’égalité femmes-hommes, un plan qui élargirait le regard porté sur tous les métiers, un plan qui inciterait chacune et chacun à occuper la place à laquelle elle ou il aspire.
L’école est un puissant levier pour amorcer ce travail. Encore faut-il qu’elle ait les moyens de cette ambition. Financer massivement des projets innovants, comme l’école dehors, et soutenir significativement l’accès à la culture sont des axes absents de cette délibération.
Aucun souffle nouveau puisqu’il s’agit de « renforcer », de « développer », de « poursuivre » ce que vous dites déjà faire. Aucune ambition n’est précisée. Tout est sans doute dans les points de suspension du texte, que nous proposons de décliner efficacement en actions concrètes.


