Intervention de Cécile Michel sur l’administration général

Monsieur le président, cher.es collègues,

Dans les nombreux et divers sujets présentés, je m’exprimerai sur le rapport de la Chambre régionale des comptes sur l’application de la loi d’orientation des mobilités de 2019. Si l’on prend un peu de recul, ce que nous dit la Chambre est assez simple : la politique de mobilité de la Région manque aujourd’hui d’une colonne vertébrale.

D’abord sur la stratégie territoriale.

Vous avez créé, tardivement, 25 bassins de mobilité. Ils ont du mal à devenir effectifs avec des comités de partenaires locaux peu efficients et sans plan d’action pour les mobilités solidaires. Ils restent des périmètres essentiellement administratifs. Comment prétendre coordonner des politiques de mobilité sans ces outils de coordination ?

Sur les moyens. 

Entre 2019 et 2024, la Région a investi 1,7 milliard d’euros. Mais dans le détail, comme nous le répétons régulièrement, la CRC confirme cette anomalie : les petites lignes ferroviaires restent moins financées que la route. Pendant ce temps, la fréquentation des TER (levier structurant des mobilités) explose (+38%). Résultat : un système sous tension, avec un manque de matériel roulant, des capacités de maintenance insuffisantes et des commandes qui tardent. Autrement dit, vous affichez des ambitions, mais vous ne donnez pas encore à la Région les moyens industriels pour les tenir. Quelle contradiction ! 

Que dire de vos choix stratégiques ? 

Lisons entre les lignes de ce rapport sur deux exemples : la stratégie hydrogène est coûteuse alors qu’elle est aujourd’hui largement dépassée dans ses usages. Le plan de décarbonation routière reste très théorique. Et décarboner les transports sans développer réellement les alternatives à la voiture, c’est une équation qui ne tient pas. 

Enfin, beaucoup d’intercommunalités ont laissé leur compétence mobilité à la Région. Un peu contraint pour ne pas dire sous pression, mais sans ingénierie, sans accompagnement, sans un plus au niveau local en contrepartie. On a donc une recentralisation des compétences…sans transformation réelle des services.

Le constat est sans appel : Nous avons des annonces, des montants, des dispositifs… mais pas encore un système cohérent, piloté, et opérationnel.
Alors quand allons-nous commencer à construire une véritable politique de mobilité ? Si nous voulons réellement garantir le droit à la mobilité, il faudra passer par la mise en œuvre de services organisés, coordonnés, pilotés dans la durée. Sur ce point, la Région a une responsabilité centrale, dans un paysage complexe, et de nombreuses échéances à tenir : ouverture à la concurrence, choc d’offre, mise en place des SERM qui seront à chaque étape des challenges à relever où les moyens restent à mobiliser et devront être bien utilisés.

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