Monsieur le Président, chers collègues,
« La Région soutient ses associations ». Il faut le dire, le titre était prometteur. Vous reconnaissez dans ce rapport les associations dans leur rôle de créatrices de lien social, d’attractivité, de vitalité pour toute notre région. Au troisième paragraphe, incroyable, vous mentionnez leurs moyens financiers limités. Alors oui, je plaide coupable, j’y ai cru, nous y avons cru ! Ça y est, c’était le tournant, après des années de sabotage méthodique du tissu associatif, vous alliez revenir à la raison et enfin, enfin ! soutenir pleinement les associations, par des financements pérennes, pluriannuels, et pas que sur de l’investissement !
Et puis, j’ai continué ma lecture, et j’ai déchanté.
D’aide au fonctionnement, il ne sera finalement pas question. Les associations partout en France se mobilisent depuis des mois, elles nous hurlent qu’elles ne tiennent plus. Celles de la solidarité nous demandent clairement : « que se passera-t-il le jour où nous ne serons plus là ? » Votre réponse est irresponsable.
Au lieu de prendre la mesure de l’urgence, de vous retrousser les manches et de venir réellement accompagner celles et ceux qui font vivre notre région, vous leur promettez des miettes. Quelques aides, par-ci par-là, pour faire des petits travaux. Mais dans quels locaux ? Avec quels bénévoles ? Pour quelles activités ? Nos associations meurent et vous leur donnez de l’argent pour acheter les clous du cercueil.
Alors oui, je vous vois venir : vous répondez à un besoin. Et des associations vont bien évidemment venir demander cette aide. Donnez des miettes à un affamé : bien sûr qu’il les mangera.
Ce dispositif est indécent. Par nos amendements, nous tenterons au moins de ne pas en faire un énième outil de clientélisme. Mais parce que nous aimons et admirons bien trop nos associations pour participer à cette triste farce, nous nous abstiendrons sur ce rapport.


