Communiqué de Presse du jeudi 02 juillet 2026
Nouvelles alertes contre le tunnel du 2e Lyon-Turin : les écologistes régionaux demandent une suspension des travaux tant qu’une réévaluation globale du projet n’a pas été effectuée
Le Monde a révélé les graves difficultés rencontrées par le tunnelier Viviana qui ne parvient pas à ses objectifs d’avancement initiaux. En neuf mois de fonctionnement, le second tunnelier du chantier n’a effectué que 3 % du creusement prévu. Des experts présents sur site évoquent au moins deux années de retard supplémentaires.
Ces révélations n’ont rien de surprenantes. Cette nouvelle dérive vient s’ajouter à une longue série d’alertes que les promoteurs du projet ont systématiquement minimisées : une importante dérive financière pour un projet global déjà évalué à près de 30 milliards d’euros, de nombreux reports de délais lors de chaque bilan, un bilan carbone incompatible avec les objectifs climatiques avec un retour carbone qui ne sera pas atteint avant 2085, la destruction de terres agricoles irremplaçables en fond de vallée alpine, etc.
À ces alertes s’ajoute le risque porté sur les aquifères, avec une baisse du niveau des nappes phréatiques de l’ordre de 50 à 100 mètres, constituant un impact autrement plus important que celui anticipé par les études préalables réalisées en 2006. Ces aquifères alimentent en eau potable des dizaines de milliers d’habitants de la vallée de la Maurienne et leurs dégradations seraient irréversibles.
Face à cette accumulation de faits graves, nous demandons :
- la suspension immédiate des travaux, le temps qu’une évaluation sérieuse et indépendante puisse être conduite ;
- une suspension immédiate des études sur les accès français afin de focaliser tous les moyens sur l’amélioration immédiate de la ligne existante et le transfert du trafic routier sur le rail ;
- une évaluation indépendante complète du projet global, portant sur les coûts réels et leur trajectoire, sur les délais véritables, sur les impacts environnementaux actualisés (eau, carbone, biodiversité, terres agricoles) ainsi que sur la pertinence du projet au regard des alternatives disponibles.
La ligne ferroviaire actuelle entre Lyon et Turin est sous-utilisée alors même qu’elle constitue une alternative crédible, rapide et bien moins coûteuse. Des études convergentes, notamment issues de l’observatoire de la saturation, démontrent qu’avec des investissements ciblés, elle pourrait absorber jusqu’à trois fois le volume de fret actuel, dans des délais de quelques années et pour un coût sans commune mesure avec le coût de cette nouvelle ligne Lyon Turin.
« Le Conseil d’orientation des infrastructures lui-même, dans son rapport d’avril 2026, a préconisé de réorienter les investissements ferroviaires vers d’autres priorités. Il est temps d’écouter ces voix de la raison. » a ajouté Alexandra Caron-Cusey, conseillère régionale de Savoie.

